Retour sur le One Health Summit 2026 : vers une santé globale pour tous
Du 6 au 7 avril 2026, Lyon a accueilli le One Health Summit, un sommet international organisé par la France pour répondre aux crises sanitaires accrues par les pressions humaines et le changement climatique. Avec 40 chefs d’État, des scientifiques, des ONG et des jeunes, l’objectif était clair : renforcer la coopération mondiale face aux zoonoses, à l’antibiorésistance, à la pollution et aux défis alimentaires. L’approche One Health, qui lie santé humaine, animale, végétale et écosystémique, s’impose comme une nécessité pour briser les silos entre santé, environnement et agriculture.
Les maladies infectieuses émergentes, comme la grippe aviaire H5N1 ou le virus H2N9 détecté en Italie en mars 2026, rappellent que 75 % des maladies émergentes sont zoonotiques. Pour y faire face, les experts ont insisté sur la prévention primaire : limiter la déforestation, surveiller les interfaces homme-animal-environnement et renforcer les systèmes de détection précoce, tels que le dispositif SAGA en France (surveillance active de la grippe aviaire), en impliquant davantage les acteurs locaux. En Indonésie, des usines produisent déjà des vaccins pour humains et animaux, tandis qu’en Afrique, des systèmes locaux One Health combinent santé, environnement et agriculture pour une réponse intégrée, conduisant notamment à l’éradication de la trypanosomiase, ou maladie du sommeil, dans dix pays.
La pollution, autre enjeu majeur, cause sept millions de décès par an selon l’OMS. Pesticides, plastiques et PFAS – ces « polluants éternels » – contaminent sols et eaux, avec des effets avérés sur la santé : cancers, maladies neurodégénératives ou troubles cognitifs. Face à cela, les solutions proposées incluent une réglementation stricte, l’interdiction des substances les plus dangereuses, et le True Cost Accounting, qui intègre les coûts cachés pour la santé et l’environnement dans le prix des aliments. L’agroécologie et la réduction des intrants chimiques sont aussi au cœur des discussions pour des systèmes alimentaires plus durables.
Pour que ces avancées deviennent réalité, une gouvernance renforcée et des financements dédiés sont indispensables. Le Pandemic Fund de la Banque mondiale, doté de 44 millions d’euros, ou les fonds climatiques verts montrent la voie, mais les budgets recherche et aide publique au développement restent insuffisants. Les coalitions parlementaires, comme l’Alliance Exposome, visent à ancrer One Health dans les lois, tandis que les jeunes, acteurs clés, réclament une éducation intégrée dès l’école primaire et une représentation dans les instances de décision.
Enfin, le sommet a souligné l’urgence de changer de paradigme : la biodiversité n’est pas un risque, mais une solution. En la préservant, nous limitons l’émergence de zoonoses et renforçons notre résilience face aux pandémies. One Health doit désormais s’imposer dans les stratégies nationales, les programmes éducatifs et les cadres juridiques pour transformer les discours en actions concrètes. Le CNRS copilotera une commission du Lancet sur la thématique Biodiversité et Santé pour que ces aspects soient mieux pris en compte.
Retour sur le colloque santé-environnement au siège du CNRS
Les 9 et 10 juillet 2026, le CNRS a réuni 300 participants au siège parisien pour son colloque Santé-Environnement, organisé par la Mission pour les Initiatives Transverses et Interdisciplinaires (MITI). Chercheurs, acteurs non académiques et experts internationaux, comme Hans Peter Arp, y ont exploré une approche systémique pour lier santé humaine et environnement.
Quatre axes ont structuré les échanges : identifier et quantifier les expositions environnementales (y compris les effets cocktails), établir des liens causaux robustes entre expositions et santé, modéliser les risques à toutes les échelles, et orienter l’action publique. Les PFAS, ces polluants persistants, ont servi de cas d’étude. Deux tables rondes ont permis de dépasser l’anthropocentrisme dans One Health et de favoriser l’interdisciplinarité, tandis que trois ateliers ont abordé la mesure des multi-expositions, l’harmonisation des données et la collaboration science-société.
Le colloque a insisté sur la nécessité de transmettre les savoirs à la société civile et aux acteurs de terrain pour co-construire des solutions. Les appels à projets interdisciplinaires lancés par la MITI depuis 2022 seront poursuivis, renforçant les liens entre recherche et action publique. Une trajectoire collective se dessine pour objectiver les expositions, analyser leurs mécanismes et anticiper les risques, tout en structurant la collaboration entre scientifiques et décideurs.
Retour sur le colloque « L’Influenza aviaire hautement pathogène dans la faune sauvage – le cas du subantarctique » à l’EnvA
Le 29 septembre 2026, chercheurs, écologues et virologues se sont réunis à l’École nationale vétérinaire d’Alfort pour faire le point sur l’Influenza aviaire hautement pathogène (H5N1) qui touche la faune sauvage des zones subantarctiques. Organisé par le CNRS, l’IPEV, l’ANSES et l’OMSA, dans le cadre des projets ECOPATHS et WILDFLU, ce colloque a permis de partager les premiers résultats et les pistes de recherche pour mieux comprendre la propagation du virus, son impact sur les populations d’oiseaux marins et de mammifères, et les stratégies de vaccination ou de surveillance à mettre en place.
Les échanges ont mis en lumière l’importance d’une approche collaborative et interdisciplinaire, combinant écologie, génomique et santé publique, pour mieux appréhender cette maladie et limiter sa diffusion. Des propositions concrètes ont émergé, comme la création d’un réseau international de surveillance ou le renforcement des collaborations entre institutions. Une conférence grand public, animée par Thierry Boulinier (CNRS CEFE), a clôturé la journée en expliquant les enjeux de cette maladie dans une perspective One Health.
Les prochaines étapes incluent la finalisation des recherches en cours et la publication d’un fascicule synthétisant les connaissances acquises, afin de sensibiliser à la fois les scientifiques et le grand public.