Une nouvelle théorie relie l'évolution des chromosomes sexuels et leur rôle dans la spéciation
Une étude parue dans Science propose une nouvelle théorie établissant un lien entre l’évolution singulière des chromosomes sexuels et leur rôle dans la spéciation, en provoquant la stérilité ou la mortalité des hybrides. Fondée sur la coévolution des régulateurs de l’expression génique, cette théorie apporte une avancée conceptuelle majeure dans un débat vieux d’un siècle.
En résumé
- Les chromosomes sexuels jouent un rôle clé dans la spéciation, mais ce phénomène reste mal inexpliqué par les théories existantes.
- Une nouvelle théorie établit un lien avec les processus à l’origine des chromosomes sexuels eux-mêmes.
- Elle met en évidence comment la divergence des régulateurs d’expression entre espèces peut provoquer la stérilité ou la non-viabilité des hybrides, contribuant ainsi à l’isolement reproductif.
Les chromosomes sexuels jouent un rôle clé dans la génétique de la spéciation
Une étude menée par le Centre d'écologie fonctionnelle et évolutive (CEFE - CNRS / EPHE / IRD / Univ. Montpellier) et la Station Biologique de Roscoff (AD2M – CNRS / Sorbonne Université) révèle une nouvelle théorie de l’évolution des chromosomes sexuels, fondée sur la coévolution des régulateurs cis et trans
Les chercheurs ont étudié l’impact de cette coévolution sur la viabilité des hybrides interspécifiques, à différents stades de l’évolution des chromosomes sexuels. Ils observent que, dans tous les scénarios, les deux règles de la spéciation se manifestent. Ces phénomènes résultent de la divergence des régulateurs de l’expression génique entre espèces, causée par la dégénérescence du chromosome Y dans une ou les deux espèces concernées.
Cette théorie basée sur la coévolution des régulateurs cis et trans permet ainsi d’expliquer à la fois l’évolution des chromosomes sexuels, la règle de Haldane et le Large X effect. Elle met également en exergue l’importance des problèmes de stérilité chez les hybrides. Par ailleurs, elle s’aligne avec des observations récentes sur les effets de la dérégulation génique chez les hybrides et ouvre de nouvelles perspectives pour mieux identifier les gènes responsables de l’isolement reproductif entre espèces.
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Référence de la publication
Lenormand, T., & Roze, D. (2025). A single theory for the evolution of sex chromosomes and the two rules of speciation. Science. Publié le 10 Juillet 2025.
Laboratoires CNRS impliqués
- Centre d'écologie fonctionnelle et évolutive (CEFE - CNRS / EPHE / IRD / Univ. Montpellier)
- Adaptation et Diversité en Milieu Marin (AD2M – CNRS / Sorbonne Université)