L’intensité des pratiques agricoles façonne la diversité des parasites aquatiques dans les lacs afrotropicaux
Une étude publiée dans Proceedings of the Royal Society B révèle que l’agriculture à intensité modérée
En résumé
- Des chercheurs ont étudié 2 385 escargots dans 34 lacs d’Ouganda soumis à différents niveaux d’intensité agricole.
- La diversité des trématodes s’avère maximale dans les zones à agriculture modérée, mais la composition des communautés devient imprévisible sous forte intensité agricole.
- Des communautés parasitaires variables compliquent la prévision des risques sanitaires pour la faune sauvage, les animaux domestiques et l’humain.
Les activités agricoles transforment les écosystèmes aquatiques, impactant à la fois la biodiversité et la santé publique. L’eutrophisation
Pour mieux comprendre ces interactions, une étude a été menée par le laboratoire Évolution, Écologie et Paléontologie (Evo-Eco-Paleo – CNRS / Univ. Lille) dans les lacs de cratère d’Ouganda, où les activités agricoles varient fortement d’un bassin à l’autre. Les scientifiques ont analysé 2 385 escargots de l’espèce Bulinus tropicus, prélevés dans 34 lacs couvrant un large gradient d’intensité agricole, allant de zones forestières semi-naturelles à des paysages entièrement convertis en terres agricoles. Grâce à des techniques de biologie moléculaire, les chercheurs ont identifié plus d’un tiers des escargots infectés par des vers trématodes (861 individus répartis dans 15 lacs). Au total, 1236 infections appartenant à 45 espèces différentes de trématodes ont été détectées.
Les résultats révèlent que la diversité des parasites et leur potentiel de transmission sont les plus élevés dans les lacs entourés d’une agriculture modérée. En revanche, dans les zones d’agriculture plus intensive, les communautés parasitaires se montrent plus variables d’un lac à l’autre, rendant les risques sanitaires plus difficiles à anticiper.
Cette étude montre que les pratiques agricoles influencent non seulement la biodiversité aquatique, mais aussi les dynamiques de transmission parasitaire. Une agriculture durable, capable de limiter les déséquilibres écologiques, apparait comme un levier pour protéger ces écosystèmes et réduire les risques pour la santé animale et humaine. Ces travaux ouvrent des perspectives pour mieux intégrer les enjeux sanitaires dans l’aménagement des paysages agricoles en Afrique tropicale.
Crédit photo bandeau haut de page : Unsplash / Randominstitute
Référence de la publication
Hammoud, C., Van Bocxlaer, B., Verschuren, D., Tumusiime, J., Albrecht, C., De Crop, W., Umba Tolo, C., Huyse, T., Agricultural land use and ensuing eutrophication both shape parasitic trematode communities in rural African lakes. Proceedings of the Royal Society B: Biological Sciences. Publié le 4 Juin 2025.
Laboratoire CNRS impliqué
- Évolution, Écologie et Paléontologie (Evo-Eco-Paleo – CNRS / Univ. Lille)