Les dispositifs de partenariat en écologie et environnement (DIPEE)

Les DIPEE ont été fondés en 2009. Ils sont le produit de la création de l’INEE et de l’évolution des universités. L’Institut Ecologie et Environnement a été créé par le CNRS en regroupant des unités venant des sciences de la Terre, de la Vie, de l’Homme et de la Société. Il était donc essentiel pour l’Institut de bien identifier ces forces et leurs capacités, et de permettre à ces trois communautés de se connaître pour tisser des relations et impulser de nouvelles dynamiques que rien jusqu’alors n’était venu favoriser.  Cela passait nécessairement, pour le plus proche, par des politiques d’animation de sites pour laquelle une étroite collaboration avec nos partenaires, au premier rang desquels se trouvaient les universités (UMR), mais aussi les régions, départements et les autres organismes, était une évidence et une nécessité.
La mise en place alors récente de la loi LRU (Août 2007), qui commençait de construire un nouveau paysage universitaire, rendait le besoin de ce rapprochement avec les universités encore plus nécessaire, pour une construction commune dans des modalités de relations renouvelées.

Les Dispositifs de Partenariats en Écologie et Environnement constituent la réponse de l’INEE à cette problématique.  Ils ont été pensés comme un outil de politique de site, un dispositif informel de mise en relation et d’échange, proscrivant les constructions figées et les rigidités inadaptées à ce paysage en profonde évolution, comme un triple espace de dialogue.

1 – Entre partenaires (principalement les universités, dans le cadre des unités partagées)
Il s’est agi d’ouvrir un lieu d’échange souple et informel, absent jusqu’alors car les seules rencontres n’intervenaient que dans des circonstances très institutionnelles (contrat de sites, dialogues de gestion des unités,…). L’utilité principale était donc d’effectuer des portés à connaissance réciproques des informations concernant les thématiques de l’INEE et les unités partagées. Le but de cet échange était d’optimiser la pertinence des moyens investis par chacun et d’avancer dans une éventuelle construction commune et coordonnée des recherches, mais aussi des formations, et d’harmoniser si possible les stratégies de développement.

2 - Entre les Unités INEE
Le rôle du DIPEE a été de mettre en contact par site lato sensu toutes les unités en rattachement principal INEE, quel que soit leur composition disciplinaire, afin de leur permettre de se connaître entre elles et, par la mise en synergie des forces présentes, de concevoir des projets qui n’auraient, sinon, pas vu le jour.  Il s’agit donc d’identifier et de caractériser, par site, les forces et faiblesse du dispositif de recherche en SDE de l’INEE, voire d’enseignement sur les thématiques qui y correspondent, de mettre en lumière, construire ou renforcer une identité scientifique INEE et de concevoir des projets de développement et d’évolution, et bien de produire de la valeur ajoutée aux dispositifs existants et de progresser sur les voies de l’interdisciplinarité nécessitée par l’Ecologie Globale.

3 – Au national, entre les DIPEE et l’INEE
permettre à l’Institut de bien connaître ses forces et leurs souhaits d’évolution pour un meilleur pilotage, de mettre en rapport et en synergie les DIPEE et les unités, particulièrement pertinent dans le cadre des réorganisations régionales, en y provoquant aussi de la valeur ajoutée, pour l’émergence de projets et de thématiques nouvelles et partagées.

Si les DIPEE sont un dispositif de développement de la recherche entre le CNRS et ses partenaires en termes de dynamiques de sites, ils contribuent aussi, par les échanges et les réflexions communes qu’ils engendrent à la conception et à l’organisation de la formation à la recherche par la recherche (conception des Labex, notamment), voire à l’organisation des enseignements qui concerne les SDE et leurs interactions, de manière plus formelle, (conception des maquettes, voire des EUR).

Organisation

Les DIPEE sont, à la base, construits par site universitaires  (l.s.)  où se trouvent des concentrations d’unités INEE (Montpellier, Toulouse, Aix-Marseille, Lyon, etc). Parfois ce sont la région, voire l’inter-région, qui en sont le cadre (Dijon-Besançon, Poitiers-Tours-Chizé-La Rochelle-Bordeaux dans le cadre de la Région Nouvelle Aquitaine).

On y distingue les unités dites du premier cercle, qui sont en rattachement principal INEE. Elles constituent le socle du DIPEE et reçoivent les financements. Peuvent s’y adjoindre les unités dites du deuxième cercle, qui appartiennent à d’autres Instituts mais relèvent aussi des SDE (principalement INSU, INSHS, INSB). Elles peuvent participer à la réflexion et, dans ce cadre, seront amenées à bénéficier des créations et animations du DIPEE. Toutes les tutelles de ces unités peuvent également s’adjoindre à cette réflexion et à la coordination dans la mise en œuvre des moyens qui en est l’issue logique, si elles le désirent. Les DIPEE sont fondamentalement un espace de dialogue ouvert à tous les partenaires  qui souhaitent y participer.

Tous les DIPEE sont animés par un(e) chargé(e) de mission qui fait le lien entre l’INEE, les partenaires et les unités, et qui a en charge l’animation de la communauté. Acteur pivot, c’est à son initiative que sont organisées les réunions qui permettront la réflexion commune de laquelle sortiront les projets, des animations annuelles de réflexion scientifique et de présentation des résultats des actions DIPEE, et les Entretiens Annuels Objectifs-Moyens (EAOM). Moment essentiel de la vie du DiPEE, les EAOM permettent que se rencontrent tous les partenaires, que le chargé de Mission présente un bilan des actions du Dispositif et une demande de moyens, concertée avec toutes les unités et exprimée à l’identique par chacune dans leur DIALOG annuel, insérée sous l’étiquette spécifique DIPEE, et arbitrée en séance par l’Institut.

Chaque année, une réunion des chargés de mission DIPEE est organisée par l’Institut, qui permet de partager des informations et d’échanger sur chacune des expériences.

Aujourd’hui 13 DIPEE ont été créés :

Sites

Chargé(e)s de Mission

UMR d'appartenance

Bourgogne - Franche Comté

Olivier Mathieu

 UMR6282 - BIOGEOSCIENCES

Brest

Mohamed Jebbar

 UMR6197- LM2E

Clermont-Ferrand - Auvergne

Télesphore Sime-Ngando

 UMR6023- LMGE

Grenoble-Chambéry

Wilfried Thuiller

 UMR5553- LECA (Grenoble)

Lyon

Dominique Mouchiroud

 UMR5558 - LBBE

Marseille

Thiery Tatoni

 UMR7263 - IMBE

MNHN

Sylvie Rebuffat

 UMR7245 - MCAM

Montpellier

Philippe Jarne

 UMR5175 - CEFE

Orsay/Saclay - Paris-Sud

Catherine Damerval

 UMR8120 - GQ&E - Le Moulon

PTCLRB

Didier Bouchon

UMR7267 - EBI (Poitiers)

Rennes

Françoise Binet

 UMR6553 - ECOBIO

Toulouse - Midi-Pyrénées

Nicolas Valdeyron

 UMR5608 - TRACES

UPMC

Luc Abbadie

 UMR7618 - IEES

Évolution

Le paysage de l’ESR, avec la progression des PIA (IDEX, I-Sites, EUR, Labex, etc.) et la recomposition régionale, est actuellement en profonde mutation. Des interrogations, reformulées d’ailleurs chaque année à l‘occasion des EAOM, peuvent se poser sur le maintien des DIPEE ou sur la fusion de certains d’entre eux. Jusqu’à présent la conclusion du maintien a toujours été souhaitée et actée car, par leur souplesse et leur caractère informel, les DIPEE constituent des espaces de dialogues uniques parmi tous les dispositifs institutionnels qui peuvent exister. En revanche des évolutions très intéressantes se sont manifestées récemment : adjonction de nouveaux sites (Bordeaux avec PTCLR dans le cadre de Nouvelle Aquitaine), rapprochement de DIPEE en termes de réflexions pour la constitution de projets communs (Dijon et Besançon dans le cadre de BFC, Clermont-Ferrand, Lyon et Grenoble dans celui de la nouvelle région AURA, Montpellier et Toulouse dans celui de la région Occitanie, chacune avec des modalités et des avancées spécifiques. Dans ces cadres il apparaît que, lorsqu’elles existent, les Fédérations de Recherches peuvent opportunément constituer l’outil formel de mise en œuvre (« bras armé ») du DIPEE avec lequel elles construisent d’intéressantes et productives complémentarités.

Actuellement, et de l’avis de tous les participants au terme de la campagne 2018, la pertinence des DIPEE est plus que jamais avérée, sa capacité d’adaptation les mettant particulièrement en phase avec ce contexte si évolutif.

Suivi des DIPEE et animation institutionnelle du dispositif

Robert CHENORKIAN - Directeur adjoint scientifique à l’INEE