Biodiversité : l’importance de soutenir la recherche sur le temps long

Résultats scientifiques

Comprendre la biodiversité et l’évolution des espèces repose sur des observations menées sur de longues périodes, souvent sur plusieurs décennies. Ces recherches patientes et continues sont aujourd’hui fragilisées notamment par un manque de financements durables et de soutiens continus. Cette situation pourrait, à terme, limiter notre capacité collective à analyser et comprendre les trajectoires d’une biodiversité en péril.

La biodiversité traverse une période de profondes transformations. Les activités humaines contribuent à une érosion rapide des espèces et des écosystèmes, avec des effets déjà perceptibles sur le climat, la santé humaine et les équilibres économiques. Face à ces changements, les études à long terme jouent un rôle essentiel : elles permettent d’identifier des tendances, de mieux comprendre les mécanismes d’adaptation du vivant et de repérer d’éventuels seuils critiques.

Ces recherches restent pourtant insuffisamment visibles et soutenues. Dans un article publié dans BioScience, le CNRS souligne l’importance de disposer d’infrastructures d’observation pérennes pour suivre l’évolution des écosystèmes et accompagner les décisions à venir. Ces outils s’avèrent essentiels pour anticiper les transformations écologiques et pouvoir y répondre de manière informée.

À travers le programme SEE-Life, le CNRS s’efforce de soutenir la recherche écologique et évolutive sur le long terme. Ces dispositifs visent à renforcer les connaissances en matière de biodiversité, et ainsi à contribuer au débat public et à éclairer les politiques publiques, dans un esprit de rigueur scientifique et de dialogue avec la société. Investir dans ces observations menées souvent sur plusieurs décennies, c’est se donner les moyens de mieux comprendre le vivant et d’agir de manière plus éclairée face aux défis environnementaux.

 

Photo bandeau haut de page : busard cendré, qui fait l’objet d’un suivi depuis 31 ans sur la Zone Atelier Plaine & Val de Sèvre. Plus de 2500 nids (principalement dans les blés) ont été repérés, suivis et protégés lors de la moisson. © Vincent Bretagnolle 

Référence de la publication

Viblanc, VA., Huchard, E., Pinay, G., Ormeno, E., Teplitsky, C., Criscuolo, F., Joly, D., Renault, D., Callou, C., Gourmelon, F., Anquetin, S., Augeard, B., Aujard, F., Ayrault, S., Grandcolas, P., Euzen, A., Mignot, A., Blanc, S. (2026), Science at Risk: The Urgent Need for Institutional Support of Long-Term Ecological and Evolutionary Research in an Era of Data Manipulation and DisinformationBioScience, publié le 5 janvier 2026

Contact

Vincent Viblanc
Délégué scientifique