© Mathieu Duhaime 2023

Ségolène VandeveldeChargée de recherche CNRS

ERC Starting Grant

Ségolène Vandevelde rejoint le laboratoire Environnements, Dynamiques et Territoires de la Montagne (EDYTEM – CNRS/Université Savoie Mont-Blanc) au 1er octobre 2026. Elle est actuellement chercheuse postdoctorale Marie Skłodowska-Curie Actions (MSCA-PF) à l'Université de Cantabrie (Espagne) et docteure en archéologie, anthropologie et préhistoire de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (2019). Ses recherches à la croisée des sciences naturelles et des sciences humaines ont notamment permis le développement d'une méthode pionnière : la fuliginochronologie, qui consiste à étudier les traces de suie prisonnières de concrétions calcaires, pour reconstituer à haute résolution les chroniques d'occupation humaine des sites souterrains (grottes, abris sous roche). Elle est également engagée sur les enjeux éthiques en archéologie (co-commissaire de l'exposition « Archéo-Sexisme », traduite en 6 langues, en tournée dans 14 pays, et co-organisatrice du colloque international « Archéo-Éthique », Paris, 2018) et sur les enjeux environnementaux (membre de Labos1point5). Elle a reçu plusieurs prix et distinctions comme la bourse L'Oréal-UNESCO Femmes et la Science (2018), le Prix de thèse de l'Union Internationale des Sciences Préhistoriques et Protohistoriques (2023), et le Prix Brepols Early Career Researchers de l'Union Académique Internationale (2023).

TARS - Traces of Anthropogenic fires in speleothems: Revealing timings of occupation in sites with Symbolic use 

La mobilité est fondamentale pour les sociétés humaines : les territoires sont habités dans l'espace et le temps selon des rythmes spécifiques. Si la dimension spatiale de la mobilité est largement étudiée, sa dimension temporelle reste difficilement accessible : les datations classiques ont des incertitudes décennales à millénaires, et les assemblages cumulatifs empêchent de distinguer les événements d'occupation.

Le projet TARS vise à dépasser cette limite en se concentrant notamment sur les dynamiques d’occupation des sites à fonction symbolique, où les pratiques (art pariétal, sépultures) révèlent aussi le calendrier social des groupes préhistoriques. Trois objectifs majeurs guident ce projet ERC « TARS », porté par Ségolène Vandevelde : discriminer différents usages des sites (torches vs foyers, éclairage vs crémations) ; construire des chroniques d'occupation annuelles révélant les rythmes saisonniers et pluriannuels sur plusieurs générations ; comparer la dynamique des sites symboliques versus économiques pour déterminer leur intégration dans les cycles de nomadisme.

En accédant à une échelle temporelle proche du « temps vécu » par les humains, TARS offrira des données inédites sur la place de ces contextes symboliques tout en ouvrant de nouvelles perspectives pour l'archéologie de haute résolution temporelle.

 

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Section d’une stalagmite ayant enregistré de nombreuses traces de suie, marquant des événements d’occupation répétés par les populations humaines du passé. Les traces de suie sont dues aux éclairages utilisées pour explorer la grotte où aucune lumière naturelle ne pénètre © Vandevelde/2024