De nombreuses espèces végétales exotiques en extension dans leur région d’introduction le sont également dans leur région d'origine

Résultats scientifiques

Face à l’impact des activités humaines sur les milieux et la biodiversité, beaucoup d’espèces végétales exotiques s’acclimatent et s’installent durablement dans de nouvelles aires géographiques, sans être envahissantes. Une étude publiée dans la revue Nature Communications montre que ces espèces sont, dans le même temps, de plus en plus répandues dans leur région d’origine.

En résumé

  • La répartition spatiale des espèces végétales indigènes a été analysée pour dix régions d’Europe.
  • La dynamique spatiale d’une espèce dans son aire d’origine indique aussi sa propension à s’acclimater et à s’installer durablement au sein des régions où elle est introduite.
  • L’étude montre que certaines espèces naturalisées ailleurs dans le monde sont de plus en plus fréquentes dans leur aire géographique d’origine. 

L’anthropisation globale impacte la biodiversité. Certaines espèces végétales se raréfient, tandis que d'autres prolifèrent dans leur aire de répartition naturelle, voire dans les autres régions du globe où elles ont été introduites, volontairement ou accidentellement. Sans être envahissantes, de nombreuses espèces exotiques parviennent à s’acclimater et à s’installer durablement dans de nouvelles régions. On dit alors qu’elles sont naturalisées.

Des chercheurs européens, incluant un membre du laboratoire Écologie et dynamique des systèmes anthropisés (EDYSAN – CNRS / Univ. Picardie Jules Verne), ont analysé l’évolution de la répartition spatiale des plantes vasculaires indigènes au cours du temps dans dix régions d’Europe. Ils ont ensuite mis en relation ces variations avec le taux de naturalisation de ces espèces ailleurs dans le monde. 

Les résultats obtenus révèlent que de nombreuses espèces végétales se propageant à l'échelle mondiale en tant qu'espèces exotiques naturalisées sont aussi de plus en plus répandues au sein de leur région d'origine. Ainsi, la prise en compte des dynamiques spatiales d’une espèce dans son aire d’indigénat peut aider à anticiper sa propension à se naturaliser, et éventuellement à devenir envahissante, dans les régions où elle pourrait être introduite.

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Invasion des forêts de Podocarpus par l'érable sycomore (Acer pseudoplatanus) © Guillaume Decocq

Crédit photo bandeau haut de page : © Unsplash / Peter Robbins

Laboratoire CNRS impliqué 

Écologie et dynamique des systèmes anthropisés (EDYSAN – CNRS / Univ. Picardie Jules Verne) 

Référence de la publication

Paudel, R., Fristoe, T. S., Kinlock, N. L., Davis, A. J. S., Zhao, W., Van Calster, H., Chytrý, M., Danihelka, J., Decocq, G., et al (2025). Many plants naturalized as aliens abroad have also become more common within their native regions. Nature Communications, 16(1), 8227. Publié le 5 septembre 2025

Contact

Guillaume Decocq
Laboratoire Ecologie et Dynamique des Systèmes Anthropisés (EDYSAN - CNRS/Univ Picardie Jules Verne)